Quand le travail que tu fais seul te paraît sûr, mais oser tendre la main vers les autres te terrifie
La semaine dernière, j'ai passé une soirée entière à disposer un ensemble de vieilles lampes en laiton sur une table, à ajuster la lumière jusqu'à ce qu'elle soit exactement ce que je voulais, et je me suis dit : c'est la partie dans laquelle je suis doué. Les objets ne disent pas non. Les objets ne jugent pas ton portfolio.
Mais j'ai envie de sortir de ma zone de confort. Collaborer avec quelqu'un. Même juste demander à un ami si je peux photographier ses mains tenant quelque chose, ou photographier dans son appartement avec ses affaires plutôt que les miennes. Et à chaque fois que j'approche de demander, je me dis que non. Je me convaincs que mon travail n'est pas assez soigné pour le montrer à quiconque, même si les quelques personnes qui l'ont vu réagissent chaleureusement. Il y a un écart entre ce que les autres me disent et ce que je crois de mon propre travail, et cela me retient dans la zone sûre de photographier seul dans mon salon à Lyon.
Je sais que c'est en partie une question de confiance, en partie du perfectionnisme. Je ne pense jamais que le portfolio soit prêt à être partagé. Mais je me demande aussi si rester dans cette boucle confortable du travail en solo n'est qu'un évitement déguisé en discipline.
Est-ce que l'un d'entre vous a réussi à surmonter cela ? Pas les aspects logistiques de trouver des collaborateurs, mais la résistance intérieure réelle à se mettre en avant alors que votre cerveau n'arrête pas d'insister sur le fait que vous n'êtes pas encore prêt(e). Comment l'avez-vous dépassé ?
"Je ne suis pas prêt" est une pensée constante au sujet de mon œuvre d'art ! Je n'ai pas encore de site web ; je suis relativement nouveau dans la région où je vis ; je ne suis pas connecté à beaucoup d'artistes et d'organisations artistiques. Je cherche des expositions d'art auxquelles participer, puis "d'une manière ou d'une autre" les dates d'échéance passent sans que je m'inscrive. Je me rends compte que c'est ma principale excuse pour ne pas passer à l'action et partager ma vision. Une des raisons pour lesquelles j'ai rejoint ArtHelper est de me pousser à "sortir les images de mon ordinateur et les mettre dans le monde" ! J'approche...