



Ce titre met en avant la tension silencieuse et la connexion subtile dans la série. Les images se déplacent dans un espace entre l'action et le repos, entre l'homme et l'animal, entre la proximité et l'observation. Grâce au noir et blanc et à la sobriété de la composition, cet espace entre les éléments gagne en importance.
La façon dont tu décris cet espace intermédiaire, le poids qu'il porte en noir et blanc, c’est la partie que j'ai toujours le plus de mal à articuler dans mon propre travail. Je passe tellement de temps sur le geste et les proportions que j'oublie tout ce qui est silencieux, les pauses entre les marques, qui peuvent contenir autant d'intention. Ton cadrage me fait réfléchir différemment à l'espace négatif, non seulement sur le plan de la composition mais aussi sur le plan conceptuel. La tension que tu décris semble moins concerner ce qui est dessiné et davantage ce qui est retenu, et je suis curieux de savoir comment cette retenue se manifeste visuellement. Trouves-tu que travailler en monochrome t'aide à rester avec ce silence, ou cela vient-il d'ailleurs dans ton processus ?
C'est bien dit, et cela touche pour moi à l'essence même de mon travail. Le noir et blanc m'aide à rester plus près de ce silence, car il déplace l'attention vers la structure, l'espace de respiration et la retenue. Ce qui n'est pas dessiné, me semble souvent aussi important que ce qui est visible.